Première expérience photo en plein combat du 11ème siècle

Dernièrement, j’ai participé à la fête des jeux de Falaise, qui rassemblait environs 200 combattants du 11ème siècle. Le synopsis était un entraînement de l’armée du Duc Guillaume avant d’aller envahir l’Angleterre où aura lieu la fameuse bataille d’Hastings. Le matin nous nous entraînions aux manœuvres, l’après-midi nous démontrions au Duc l’efficacité de notre entraînement.
Lors du dernier spectacle, j’ai eu la possibilité de faire des photos pendant les combats.  La veille, je me suis entraînée pour apprendre les manœuvres pour 200 soldats. Cela m’a permis de comprendre et prévoir les ordres face à des cavaliers et à des lignes complètes de combattants. Il a fallu que je me rééquipe d’un casque et d’un gambison. J’ai troqué mon bouclier et ma lance contre mon appareil photo et mes lunettes. En même temps, la hâte me pressait d’essayer et je voulais aussi participer au combat. Le moment a été fort et excitant. Ayant suivi les entraînements, je connaissais les sensations d’être à l’intérieur des combats. Ces expériences m’ont aidé à rester sereine pendant les prises de photos. Je savais que les combattants ne faisait pas mine de se battre et je risquais d’être secouée ! Je ne suis pas frêle mais face à bien d’autres soldats, je suis un poids plume qui peut vite décoller du sol.
J’avais prévenu les archers et les 2 camps de ce que je ferai et donc si possible de ne pas me viser. J’ai eu la sensation que c’est aussi devenu un jeu pour les reconstitueurs : « Protéger la photographe ! » Je me suis donc retrouvée dans les rangs et dans les cercles de combat qui étaient assaillis par les cavaliers ou par l’équipe adverse. J’ai vécu mes photos de l’intérieur et je ne me suis pas sentie en danger une seule fois. Par contre, tout ce qui se passait autour de moi m’a envahie. Il y avait tellement de visages, d’actions, de sujets à photographier, en même temps, je devais faire attention à ne pas gêner, ni à me faire écraser par un cheval.
J’y repense souvent et je me rends compte que j’ai eu beaucoup de peine à cadrer car ma concentration n’était pas uniquement sur mon viseur. Quand je photographie, j’ai la plupart du temps les 2 yeux ouverts : un œil pour photographier et un autre sur ce qui se passe en dehors du viseur. Le problème c’est qu’ici, l’extérieur, le contexte m’attirait trop et je ne me suis pas assez concentrée sur mon cadrage.
Après les combats, plusieurs reconstitueurs m’ont demandé ce que donnait mes photos. Je ne les ai pas regardé et j’ai eu du mal à le faire. J’ai senti après le combat que je n’avais pas obtenu ce que je voulais. Comment ? tout simplement parce que je ne me souvenais pas d’un cadre en particulier, d’un sujet précis que j’aurais réussi à avoir. D’habitude, une fois une fête médiévale terminée, j’ai des images qui me reviennent en mémoire et je sais que cela sera une photo plutôt intéressante. Là, tout est allé tellement vite que je me suis laissée submerger par l’action des combats. Après le visionnage, j’ai pris conscience que ces photos n’étaient pas si mal, même si le résultat final ne me satisfaisait pas complètement. Je suppose qu’il faut s’entraîner à ce type de photo.
Mon habitude maintenant que j’y réfléchis, est de chercher une personne, une lumière, une ambiance qui porte un morceau de l’histoire que je vais chercher à partager. J’ai le temps de faire mon cadre, d’observer et de chercher un point de vue. Et là le temps, je ne le maîtrisais pas.
En m’adaptant plus vite au terrain et aux événements, je pourrais mieux me concentrer sur le cadre. Conclusion, il faut que je continue l’expérience car j’ai adoré vivre mes passions de cette manière (la photographie et la reconstitution)!


 
 

Cet article a 1 commentaire

  1. Ca donne vraiment une autre dimension aux photos avec l’immertion !!! Experience effectivement à recommencer et on sera content de te former une belle boule de merde ^^

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